Bataille des investitures pour les législatives : la grande partouze politique, par Yves Mont-Rouge

On ne sait plus quel terme employer : « galimatias », « manger cochon », « grande pagaille »…  On peut même dire que c’est carrément le « bordel », un vrai « carri-la-mélange » !   Dans cette bataille des investitures, notamment entre candidats de gauche, divers gauche et centristes qui se revendiquent tous aujourd’hui de la majorité présidentielle, les électeurs se retrouvent comme un chien dans un jeu de quilles. Explications.

N’ayons pas peur des mots : on ne sait plus qui est avec qui, qui est contre qui, qui milite pour qui, en faveur de quoi… Macron a tellement bouleversé les codes qu’il est en train de transformer la classe politique en une « partouze », comme on peut le constater à quelques jours du coup d’envoi du premier tour des législatives. Essayez de suivre le fil, si vous y parvenez : mercredi dernier, à 14 heures précisément, restaurant de « La Gare du Nord » à Saint-Denis, Carine Garcia, la référente départementale du mouvement « La République en marche » invite la presse pour une « clarification », une « mise au point ».

Son message se veut clair et limpide, car comme beaucoup d’électeurs, elle a remarqué que nombre de candidats s’approprient le soutien de la Majorité présidentielle et du mouvement d’Emmanuel Macron alors qu’ils n’ont jamais été investis. Carine Garcia tape du poing sur la table : « La République en marche n’a investi que 4 candidats à la Réunion, pas un de plus. Les 4 candidats qui sont d’ailleurs des candidates s’appellent Anaïs Patel, Léopoldine Settama-Vidon, Monique Orphé et Carine Garcia, c’est-à-dire moi même ». Elle précise encore :« Anaïs sera dans la 4ème circonscription, Léopoldine sera dans la 5ème, Monique dans la 6ème et moi dans la 3ème ».

candidatsanaispatelenmarchegarciaoprhesettama

Carine Garcia annonce par ailleurs que « La République en marche » n’a investi personne dans la 1ère face à Ericka Bareigts, ni dans la 2èmecirconscription face à Huguette Bello, ni non plus dans la 7ème face à Thierry Robert. Pas besoin d’avoir fait l’Ena pour comprendre qu’indirectement le mouvement d’Emmanuel Macron soutient ces candidats mais sans le dire officiellement. « La République en marche » qui a fait ses petits calculs doit se dire que ces trois sortants sont quand même des favoris dans la compétition des législatives et il vaut mieux les ménager même si, ouvertement, le mouvement ne peut directement les investir car Thierry Robert a ses problèmes avec la justice, Huguette Bello a soutenu Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle et Ericka Bareigts a milité en faveur du socialiste Benoît Hamon. Mais au final, en ne mettant pas de candidats investis dans ces trois circonscriptions, cela revient à les soutenir indirectement.

Sauf que, les choses ont pris une autre tournure depuis hier. En effet, un mail de « La République en marche » adressé à ses référents Outre-mer vient ajouter à la pagaille qui prévalait déjà. Ce mail informe que « dans les circonscriptions où il n’y a pas de candidats investis », le mouvement d’Emmanuel Macron apporte son soutien à celles et ceux « dont les programmes se rapprochent le plus du projet présidentiel » (sic !).

Et en clair, cela veut dire quoi ? Rien ! A bien y réfléchir, même Carine Garcia, la référente départementale, ne doit plus savoir sur quel pied danser. Pourquoi ? Parce que dans la 3èmecirconscription, là où elle a été investie, il y a deux autres candidats qui se revendiquent également de la majorité présidentielle : le centriste Clémendeau Hoarau (MoDem) dont le programme se rapproche aussi du projet présidentiel et le socialiste député sortant Jean-Jacques Vlody.  C’est exactement sur le programme de Macron que ces deux candidats mènent leur campagne électorale en se revendiquant ouvertement de la majorité présidentielle. Qu’en pense Carine Garcia ?

Idem dans la 2ème circonscription où le MoDem Stéphane Randrianarivelo, ancien collaborateur de Vanessa Miranville à la Possession, se sert du programme de Macron pour battre campagne sur le terrain.

Stephane_Randrianarivelo

Dans la 4ème circonscription, à l’exception de la modification du code du travail par ordonnance, la socialiste Virginie Gobalou n’a rien contre le projet du nouveau Président de la République. Bien au contraire. Anaïs Patel bien qu’investie par la majorité présidentielle pourrait avoir du mal à se distinguer à cause de ce mail insensé arrivé hier.

Dans la 5ème circonscription, Philippe Le Constant (PS) et Jean-Luc Julie (Divers gauche) bien que proche de Didier Robert qui est son employeur à la Région, sont les concurrents de Léopoldine Settama-Vidon, investie par « La République en marche ». Ils  défendent eux aussi le programme Macron.

Dans la 1ère circonscription, la socialiste sortante Ericka Bareigts a fait du projet présidentiel sa Bible pour les législatives. Toute sa campagne électorale (qu’on peut suivre en live sur Facebook) repose sur le programme du chef de l’Etat (suppression de la taxe d’habitation, du RSI, revalorisation des petites retraites…)

A tel point que Karine Nabénésa a sauté sur le mail de « La République en marche » en la tournant en sa faveur, juste après en avoir pris connaissance. Elle s’est aussitôt fendue d’un communiqué légitimement ronflant : « ayant fait campagne pour Emmanuel Macron notamment à Saint-Denis et ayant contribué à la rédaction de son programme pour l’Outre-mer, je me réjouis donc de ce soutien qui vient souligner mon engagement de conviction dès la première heure. Aussi, j’invite toutes les Dionysiennes et tous les Dionysiens qui ont contribué à la victoire d’Emmanuel Macron et qui souhaitent continuer à porter le projet présidentiel, à participer activement à la campagne pour une victoire le 11 juin prochain ». Ce mail de « La République en marche » adressé hier aux référents Outre-mer vient semer un peu plus la zizanie qui régnait jusqu’ici. Mais cette bataille d’investitures est tout aussi prédominante chez « La France insoumise » et au PCR.

La chicaya chez Mélenchon et au PCR

melenchon-comite-soutien-reunionC’est aussi le grand « bordel » du côté de « La France insoumise » et du PCR. Jugez-en vous même ! Alexandre Cailleteau, le directeur de campagne de « La France insoumise » à La Réunion a transféré aux rédactions locales un mail du national dans lequel il « condamne fermement les pratiques indignes de Jean-Paul Panechou »candidat de « Rézistans 974 » dans la 1èrecirconscription (ce dernier a utilisé une photo de Mélenchon). Cailleteau rappelle que les candidats investis par le mouvement de Mélenchon sont : Julie Pontalba (PCR)/Stéphane Ducamp (Société civile) dans la 1ère ; Virginie Grondin/Pascal Basse dans la 3ème ; Corine Bédier/Didier Migneau dans la 4ème ; Pascal Hoareau/Marie-Josianne Lagrange dans la 6ème et Perceval Gaillard/Sandra Gence dans la 7ème. « Aucun autre candidat ne peut s’approprier des images ou noms appartenant à Jean-Luc Mélenchon », prend soin de préciser Alexandre Cailleteau.

Il y a donc un accord « France insoumise/PCR » dans la 1ère, un accord également des deux partis pour soutenir Huguette Bello dans la 2ème et Jean-Hugues Ratenon (Rézistans 974) dans la 5ème. Sinon, dans toutes les autres circonscriptions, les deux partis défendront chacun leurs couleurs respectives.

Dans la 2ème, on l’a dit « La France insoumise » soutient Huguette Bello mais pas dans la 7ème où Emmanuel Séraphin, poulain de la députée sortante de la 2ème, qui a soutenu activement Mélenchon,  retrouvera malgré tout face à lui Perceval Gaillard de « La France insoumise »…

Quant à la réponse à Cailleteau concernant Jean-Paul Panechou, elle émane d’un vieux militant du Front de Gauche qui milite depuis des lustres pour Mélenchon : « Alexandre Cailleteau, Perceval Gaillard et consorts n’étaient pas encore nés quand les Panechou, Ratenon et bien d’autres Réunionnais mouillaient leur chemise en faveur de Jean-Luc Mélenchon à La Réunion. Contrairement à Panechou et à Ratenon, on entendra parler de Cailleteau et de Gaillard une fois tous les 5 ans, lors d’une présidentielle, si toutefois ils décidaient de s’installer à la Réunion. Mais en général, ce sont des gens de passage. Si c’est avec des Cailleteau et Gaillard, qui ont encore des dents de lait en politique, que Jean-Luc Mélenchon espère arriver un jour à la présidence de la République ou ambitionne de bâtir une majorité forte à l’Assemblée nationale, eh bien on n’est pas sorti de l’auberge… » Fermez le ban !

Yves Mont-Rouge


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4 Commentaires sur "Bataille des investitures pour les législatives : la grande partouze politique, par Yves Mont-Rouge"

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Salut
Invité

la grande partouze politique, where is Rocco ?

Les Rapetoux
Invité

Macron ou la république en Marche exemplaire…. disons nous lé chez les LR
Il prend tout, l’essentiel étant d’avoir la majorité absolue pour nous livrer pieds et poings liés au Cac 40 et au Médéf (bien entendu, hors de question de toucher à la fonction publique et à ses privilèges non non d’ailleurs sa ministre de l’Outre-Mer va veille au grain) immense dégoût ! Allez les gens du Front National, dîtes que vous êtes pour son programme et Macron vous ouvre grands les bras. C’est la nouvelle république EM (En Magouilles) !

Vincent
Invité

Pourquoi ce mail ils doivent se dire tout simplement que les 4 candidates de REM n’ont aucune chance dans le contexte local à part peut ètre M.O et que vaut mieux se pas mettre à dos les vainqueurs au cas ou la majorité se jouerait à quelques voix près.

daniel
Invité

voter encore pour des personne incapables d’aller siéger à l’assemblée mais ne cracherons pas sur les prestations. je vote blanc.

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